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Al-Hikam

Paroles de sagesses

de L’Imâm Ibn 'Atâ'illâh As-Sakandarî

 

Chapitre 9


91- Dieu est bien trop magnanime pour récompenser Son serviteur à terme, quand celui-ci Le sert comptant.

92- Qu'il te suffise comme récompense de Sa part qu'il jugé digne de Lui obéir.

93- A ceux qui pratiquent les bonnes œuvres suffisent comme récompense les ouvertures (futûhât) qu'Il accorde à leurs cœurs lorsqu'ils Lui obéissent, et les faveurs (wârid) dont Il les comble en les faisant jouir de Son intimité confiante (mu'anasa).

94- Qui sert Dieu dans l'espoir d'une récompense, ou dans la pensée que ses actes d'obéissance écarteront de lui le châtiment venant de Dieu, ne rend pas justice à Ses qualités.

95- Quand Il te donne, Il te témoigne Sa bonté ; quand Il te prive, Il te témoigne Sa puissance contraignante (qahr). Dans tout cela, Il se fait connaître toi, et vient à toi avec Sa bienveillance.

96- Si la privation te fait souffrir, c'est parce que tu ne vois pas Dieu en elle.

97- Il se peut que Dieu t'ouvre la porte de l'obéissance sans t'avoir ouvert celle de Son agrément, mais il se peut également qu'Il détermine un péché de ta part, et que celui-ci soit la cause de ton arrivée à Lui.

98- Un acte de désobéissance qui inspire l'humilité et le sentiment d'avoir besoin (de Dieu) est préférable à un acte d'obéissance qui engendre l'outrecuidance et d'orgueil.


 

99- Deux grâces sont attachées nécessairement à toutes choses créée : la grâce de l'existentiation et la grâce de l'entretien.

100- Il t'a donné d'abord la grâce de l'existence, puis celle de Son assistance ininterrompue.

101- Ton indigence T'est essentiellement inhérente, et les épreuves qui te frappent (en se monde) ne font que te rappeler ce qui t'en échappait, car l'indigence essentielle n'est pas abolie par les contingences (heureuses).

102- Le meilleur de tes instants est celui où tu es conscient de ton besoin (de Dieu) et tu es ramené à la réalité de ton humble condition.

103- Quand Il t'inspire de l'éloignement pour les créatures sache qu'Il veut t'ouvrir la porte de son intimité confiante.

104- Quand Dieu délie ta langue en t'inspirant de le prier sache qu'Il veut t'exaucer.

105- Au connaissant (ârif) jamais n'échappe le sentiment de son besoin extrême (de Dieu) ; jamais il ne s'attache à un autre que Dieu.

106- Dieu a éclairé les choses extérieures par les lumières de ses créatures, et Il a éclairé les consciences intimes (sarâ'ir) par les lumières de Ses propres qualités. C'est pourquoi la lumière des choses apparentes décline et disparaît et que ne décline pas la lumière des cœurs et des consciences intimes ; ainsi qu'on l'a dit : 
« Le soleil du jour disparaît la nuit ; Le soleil des cœurs jamais ne décline »

 

Chapitre 10



107- Qu'allège la souffrance que te causent Ses épreuves le fait de savoir que c'est Lui qui t'éprouve ! Car Celui qui t'a confronté avec Ses décrets est le même qui t'a habitué à constater qu'Il choisit pour toi le mieux.

108- Croire que sa bonté peut être séparée de Ses décrets, c'est avoir une vision bien limitée.

109- Il n'est pas à craindre pour toi que les Voies se confondent ; ce qu'il y a à craindre pour toi, c'est que les passions ne triomphent de toi.

110- Gloire à Celui qui a caché le mystère de la sainteté (khuçûçiyya) sous l'extérieur de la nature humaine (bashariyya) et qui a manifesté Sa magnificence seigneuriale (rubûbiyya) en faisant apparaître l'état de servitude (ubûdiyya).

111- Ne récrimine pas lorsque Dieu tarde à t'accorder ce que tu Lui as demandé ; récrimine plutôt contre ton manque d'égards envers Lui.

112- Lorsque Dieu te met à même d'obéir à Son commandement dans ton comportement extérieur, et de t'abandonner intérieurement à Sa volonté contraignante, Il t'accorde la plus grande des faveurs.

113- Les élus ne parviennent pas tous à la délivrance.

 

Chapitre 11



114- Ne méprise le wird (les exercices spirituels) que l'homme à l'ignorance crasse. L'influx divin (wârid) existera encore dans notre vie future, tandis que le wird cessera avec notre vie en ce bas monde. Ce qui demande le plus notre attention, c'est ce qui ne peut être remplacé. Le wird c'est Lui qui le demande de toi, et l'influx divin c'est toi qui le Lui demandes. Quelle différence entre ce qu'Il demande de toi et ce que tu Lui demandes !

115- L'arrivée des secours (divins) est en proportion de la prédisposition. Les Lumières divines affluent suivant la pureté du for intérieur (sirr).

116- L'étourdi songe, le matin, à ce qu'il fera (dans la journée) ; l'homme raisonnable pense à ce que Dieu fera de lui.

117- Les dévots ainsi que les ascètes ne s'effarouchent de toute chose que parce que, en toute chose, ils sont loin de Dieu ; s'ils L'avaient vu en toute chose, ils ne s'effaroucheraient de rien.

118- Il t'a ordonné qu'en cette demeure tu médites sur Ses créations : dans l'autre demeure, Il dévoilera pour toi la perfection de Son essence.

119- Sachant que tu ne saurais supporter d'être totalement séparé de Lui, Il t'a fait contempler Ses manifestations.

120- Sachant qu'existe en toi une tendance à la lassitude, Dieu a varié les formes des pratiques pieuses ; connaissant ton impétuosité, Il a assigné pour elle des heures fixes, de telle façon que ce soit la perfection dans l'accomplissement de la prière rituelle qui te préoccupe et non le fait de prier comme tel. Tout pratiquant n'est pas un orant.

121- La prière rituelle (çalâh) purifie les cœurs : elle ouvre la porte des mystères.

122- La prière rituelle est (en principe) un entretien confidentiel (munâjâh) avec Dieu, une source de pureté : en elle s'ouvrent les espaces des consciences intérieures et apparaissent les lumières du jour qui se lève.

123- Connaissant l'existence de ta faiblesse, Il a réduit le nombre des prières rituelles ; et sachant le besoin que tu as de Sa grâce, Il en a multiplié les fruits.

124- Toutes les fois que tu demandes (à Dieu) une récompense pour une bonne œuvre, Il te réclame la sincérité dans son accomplissement ; qu'il suffise à l'auteur non sincère d'une telle œuvre qu'elle le protège du châtiment.

125- Ne demande pas de récompense pour ton acte, car tu n'en est pas l'auteur ; il doit te suffire comme récompense qu'Il l'agrée.

126- Lorsqu'Il veut manifester Sa faveur envers toi, Il crée en toi une (bonne œuvre) et te l'attribue.

127- Infini sera le nombre de tes actes blâmables, s'Il t'abandonne à toi-même. Tes actes louables ne cesseront pas tant qu'il manifestera en toi Sa générosité.

 

Chapitre 12



128- Accroche-toi aux attributs de Sa seigneurie, et sois conscient de tes attributs de servitude.

129- Dieu t'interdit de prétendre de posséder telles qualités (que tu n'as pas, mais) qui peuvent appartenir à d'autres créatures ; te permettrait-Il de prétendre posséder Ses attributs à Lui, qui est le Seigneur des mondes ?

130- Comment tes pouvoirs usuels seraient-ils dépassés, alors que tu n'as rien changé à tes usages ?

131- Ce qui importe, ce n'est pas l'existence de la quête, seul importe qu'il te soit donné d'y observer le respect parfait (envers Dieu).

132- Aucune demande n'est plus forte que la conscience de ton urgent besoin de Dieu ; et rien ne te procurera les faveurs divines plus rapidement que l'humilité et le sentiment de ton indigence (à l'égard de Dieu).

 

133- Si tu ne pouvais arriver jusqu’à Lui qu’après l’extinction de tes mauvais penchants et la disparition de tes prétentions, jamais tu n’y parviendrais. Mais s’Il veut te faire arriver jusqu’à Lui, il couvrira tes qualités des Siennes, et tes attributs des Siens, et t’attirera jusqu’à Lui par une faveur qu’Il t’accordera, et non pas par suite de tes efforts vers Lui.

 

Tag(s) : #AL-HIKAM
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