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ADAB ET COURTOISIE

La politesse musulmane

     

L’Islam porte très haut les valeurs de l’adab, et les belles manières, d’où les raffinements qu’ont eu ses sociétés à un moment de l’histoire où tous les peuples étaient des barbares.

Ce petit livret veut montrer quels sont les usages que l’on doit avoir au quotidien, tout au long des jours, et en toutes circonstances, à l’égard de Dieu, de soi-même, de sa famille, des autres.

Veuille Allah agréer ce travail. De Lui seul vient le succès.

 

    1-La politesse à l’égard d’Allah Ta’ala.

 

Il est le Premier à qui nous la devons en toutes circonstances.

Etre impeccablement propre et en ablutions permanentes est un devoir à son égard.

Le remercier en est un autre.

Le remercier pour tous les cadeaux sans fin qu’Il nous octroie tout au long des jours, tout au long de nos vies.

Si nous y réfléchissions ensemble….

Le remercier pour nos cinq sens, pour chaque expiration, chaque os, chaque geste, chaque fruit, chaque saveur, chaque odeur, pour nos voyages, chaque paysage si différents, pour nos familles, nos amours, nos qualités, nos goûts, notre confort…La liste peut s’allonger à l’infini !

Le respecter s’est se souvenir de Lui.

C’est Lui obéir en tout, respecter l’Islam, et faire connaître cette religion de vérité, faite pour toute l’humanité.

C’est Le prier en ses heures indiquées.

L’écouter en venant lire Sa Parole dans Son Saint Cor’an.

Faire Son Dikhr.

Respecter Ses lois et injonctions.

C’est ne pas Lui désobéir.

C’est vouloir tout faire pour Le satisfaire, au point d’en faire son ami.

C’est apprendre Son Saint Cor’an par cœur.

La courtoisie à son égard consiste aussi à ne pas être trop pressé dans la réalisation de nos invocations.

Ne pas désespérer.

Accepter Ses décrets.

Ne pas se révolter devant les points difficiles qui nous sont incompréhensibles face à un destin personnel, ou collectif.

C’est ne pas Le taxer d’injuste lorsqu’on ne comprend un événement tragique.

C’est ne pas faire montre d’orgueil et toujours espérer Sa miséricorde.

C’est avoir Foi en Lui quoiqu’il arrive.

 

 

2-La politesse à l’égard du Saint prophète Muhammed (saws)

 

C’est tout d’abord connaître et apprendre les détails de sa vie.

L’aimer au point de vouloir l’imiter en tout acte.

C’est respecter sa Sunna.

Connaître et appliquer autant que faire se peut ses haadith.

C’est faire le plus de salawat possible à tous moments.

C’est fêter sa naissance. Se rassembler avec les musulmans pour prier lors de l’anniversaire de sa mort.

Connaître la vie de ses épouses, nos mères, et ses compagnons.

L’aimer, c’est donner le meilleur exemple.

Le respecter c’est respecter l’Islam.

Et transmettre cette belle religion sacrée.

 

 3-La courtoisie et le respect du aux Maîtres et aux shuyoukh.

 

Ce sont de Saintes personnes qu’Allah a choisi pour qu’ils enseignent la religion aux gens, et que grâce à leur baraka il peuvent transmettent plus efficacement nos demandes, qui par eux sont souvent acceptées, puisqu’ils sont "les rapprochés d’Allah," quoiqu’en disent ceux qui manquent de compréhension devant la spiritualité en lien direct avec la Sainte tradition.

De nombreux hadith et ouvrages prouvent la nécessité d’avoir recours à ces Saintes personnes, hommes ou femmes d’ailleurs.

Aussi, c’est dire s’ils méritent notre grand respect puisqu’on les désigne par le titre gracieux

d’ "Ombres du Prophète sur terre." 

Aller leur rendre visite apporte la baraka et montre à Dieu, notre attachement à la saine tradition.

Lorsqu’on est près d’eux, on se doit de prendre respectueusement leurs mains, et y effleurer un baiser léger puis porter leur main à notre front.

Attendre qu’ils nous interrogent. Leur répondre sans hausser le ton, rapidement, car ce sont des gens très pris.

Il est d’usage de leur faire des demandes de du’as de façon courtoise, mais pas pour des raisons futiles, telles que l’enrichissement ou autres sottises.

Si l’on veut leur faire un cadeau, la convenance nous obligera à le donner à une proche personne de son entourage. Laisser une sadaqa est toujours bien venue.

Une fois l’entretien terminé, on lui souhaite de bonnes choses, une bonne santé, une longue vie…puis on se retire en reculant, sans lui tourner le dos.

Avec les personnes de son entourage on est plein d’égards, ce sont généralement de pieuses personnes au service des autres.

Ils fabriquent souvent les repas collectifs, entretiennent la maison du Sheikh,* font les courses alimentaires ou autres, et sont aimés du Maître, donc on leur doit nos attentions.

Les petits cadeaux, tels savons, foulards, parfums, livres ou des billets glissés dans des enveloppes seront marque de politesse.

Si l’on dort dans la zawiyya, on fera très attention à ne laisser que la propreté autour de soi. A faire son lit, plier ses couvertures pour la journée, et mettre au sale le linge utilisé avant de partir, en donnant quelque chose aux personnes qui s’occupent de l’entretien du lieu.

Ne rien prendre qui ne nous appartienne pas. Attention à ne pas crier. A respecter les autres visiteurs.

Lorsqu’on visite un maqam, ou tombe d’un Saint(e), on doit respecter comme toujours le lieu, donner son salam* à ce défunt de façon discrète, lui donner le salam de la part de son Sheikh si l’on en a un..

Donner le salam de la part de amis, même si ceux-ci ne savent pas notre présence dans un tel lieu, et prier pour eux.

Faire deux courtes rakat.

Faire des demandes à voix basse. Laisser quelques sous dans le coffre mit près de là à cet usage, discrètement, sans ostentation devant le public qui ne peut s’empêcher parfois de «  compter » combien on donne. Aussi, le mieux est de préparer une petite enveloppe à cet usage.

On peut aussi donner des pièces aux pauvres qui généralement restent là, près de la tombe.

On sort également à reculons.  

 

 

4-Le respect dû aux parents.

 

Il émane d’un ordre divin que le Saint Cor’an souligne avec force. Il y est dit qu’on ne doit pas même leur dire : "ouf" en cas de désaccord.

Et celui qui enfreint ces règles est sous la colère de Dieu.

La politesse est due également à tout le reste de la famille : grands-parents, tantes, oncles, frères et sœurs, cousins, cousines etc.

On se doit de respecter les liens du sang et surtout ne jamais les couper. Ils sont sacrés.

Même si l’un d’eux s’éloigne, à fortiori on continuera à lui demander de ses nouvelles et transmettre les nôtres comme si de rien n’était.

Le respect majeur, c’est de ne jamais les abandonner dans ces dépotoirs ou mouroirs appelées maison de retraite.

La grande politesse à leur égard, c’est être auprès d’eux, attentifs, doux et les chérissant jusqu’à leur dernier souffle.

 

    5-La politesse à l’égard de soi-même.

 

Se respecter, s’aimer est une grande politesse et un grand adab, sinon comment respecter les autres ?

Sans tomber dans l’auto vénération ou l’admiration du moi, on doit prendre conscience que l’on est une créature de Dieu, qu’Il nous a aimé au point de nous donner le plus beau cadeau qui soit, la vie.

Et cette vie, à nous de la protéger, de la faire belle en nous pour qu’elle fleurisse autour de nous et que les autres s’y reflètent comme dans un miroir.

Aussi des efforts constants doivent être fait, tout d’abord pour être agréable à nous-même, ainsi, nous le serons pour les autres.

Prendre soin de nous même est un devoir.

Etre propre est une des plus grande politesse que l’on doit à soi-même et aux autres.

Nous éviter la déchéance provenant des drogues, de l’alcoolisme, des vulgarités de la fornication, de l’avortement.

C’est nous éviter les péchés majeurs et mineurs comme on voudrait éviter la gale.

Il nous faut être élégant, de belles manières, cultiver nos qualités, et faire le vrai grand jihad*, le seul qui vaille, pour en finir, autant que possible, avec nos défauts.

S’obliger à persévérer après s’être vu, froidement, comme si on voyait un étranger, sans concessions, pour dépasser nos petitesses, ce qui est une gymnastique obligatoire de tous les moments, mais qui nous amènera à la victoire contre nos ego.

Faire pendant plusieurs jours une liste de nos vilains défauts et les rayer, au fur et à mesure qu’on les surmonte.

S’obliger chaque matin à se lever pour faire face à tous nos devoirs et charges est un combat qui amène en même temps de grandes joies, si nous savons les voir au travers des lunettes du remerciement pour cette vie, et si nous savons donner aux autres, le meilleur de nous même.

Et c’est rester digne quelque soit le sort, quelques soient les épreuves par lesquelles nous sommes éprouvées.

Nous pouvons nous consoler en méditant ce hadith :

  "Dieu n’éprouve que ceux qu’Il aime."

 

    6-La courtoisie du réveil.

 

Le musulman sait qu’à tous moments, il est sous le regard de Dieu, et fera tout pour Lui plaire.

La propreté est une condition sine qua non de la politesse.

On se lave pour parler à Dieu, par respect de soi et des autres.

Aussi, les premiers gestes à faire au réveil seront pour la toilette.

Avant de passer aux toilettes, on se lave les mains, et les parties intimes puis les dents.

Et on remercie le Seigneur par le du’a du réveil, Le remerciant pour ce nouveau jour :

  "Al hamdou lillahi ladhi ah-yânâ ba’ada mâ amâtanâ wa ilaïhin-nochour. Laâ ilâha ila Llâh wahdaho lâ charika laho, laho’l molko wa laho hamd wa houwa ‘alâ kolli chaï-in qadir Am hamdo mi Llahi, alladhi rad-d’ alayya Rouhi, wa ‘âfâni fi badani wa adhina lia bi dikhri-rih"

 "Louange à Allah qui nous a fait revivre après nous avoir fait mourir, c’est auprès de Lui que la résurrection nous rassemblera.

Il n’y a de Dieu si ce n’est Lui, l’Unique, sans associé, à lui la Royauté, à Lui la louange, et c’est Lui qui est capable de toute chose.

Louange à Dieu qui m’a rendu mon âme, qui m’a accordé une bonne santé et m’a permis de me souvenir de Lui."

Puis on passe dans la salle de bains, en y entrant par le pied gauche, en disant doucement ce du’a :

"Allahoummâ, innî auzu bika mina’l khoubothi wa’l’ khabaïth."

"Ô mon Seigneur ! Je cherche refuge auprès de toi contre les démons, mâles et femelles."

Puis le mieux, est de prendre une douche et faire ses ablutions.

Ensuite on fera deux rakat pour Le remercier de Sa générosité d’avoir permis de nous octroyer ce lavage avec eau, savon, serviette et santé pour venir nous débarrasser de nos souillures.

Si l’on perd ses ablutions, par gaz ou besoin de passage aux toilettes, le wudu* est toujours de mise, par politesse à l’égard des anges qui nous entourent.

Ils aiment la propreté et les bonnes odeurs. Et s’enfuient de nos côtés si nous sommes sans ablutions ou si nous sentons mauvais !

On salue ensuite sa famille par de tendres baisers et par de jolis souhaits pour cette journée à venir. Les sourires étant les couronnes de la politesse, bien sûr.

 

 7- la  politesse du repas.

 

Les moments du repas sont des moments privilégiés, où toute la famille est réunie dans son intimité.

Cela doit être un moment de rencontre, de détente et de plaisir et de joies.

Bien sûr, on arrive propre, les mains lavées, les cheveux en ordre, sentant bon sans insistance, les vêtements fraîchement mis.

Avant le repas ce du’as :

"Allahouma! Bâriq lanâ, fimâ razaqtanâ, waqinâ’ adâb annâr. Bismi Llâh."

"Ô mon Seigneur, répands la plénitude dans toutes le portions que tu nous a accordé et protège nous du châtiment du feu de l’enfer. Au nom d’Allâh."

On mange en tenant sa bouche fermée, en silence. Lorsqu’on prend la parole, ce sera la bouche vide d’aliments.

Rien n’est plus dégoûtant que de voir ce qui se passe dans les bouches pleines.

Rien n’est plus désagréable que d’entendre les bruits incongrus après de longues lampées, quand on boit.

Les gloups et les glops sont pour les dessins animés des mal éduqués. Pas dans une famille musulmane !

On ne porte pas un jugement négatif sur les aliments et on s’efforce de manger de tout sans gloutonnerie, et sans gaspillage, en terminant son assiette.

Lorsqu’on veut se moucher, en présence des autres, il faut se tourner, ou mieux se lever. Idem pour éternuer, si cela ne passe pas, faire les gestes du wudu du nez.

On ne renifle pas !

En fin de repas, on n’oublie pas ce du’a.

"Al hamdo li Llahi ladhi at’amanâ wa saqâna wa ja’alnâ mouslimîn."

"Louange à Dieu qui nous a nourri et abreuvé et a fait de nous des musulmans."

Et chacun vaque à ses occupations, montrant à tous, un visage avenant, se souvenant que sourire et saluer font partie des sadaqa.

 

 

8-La politesse de la journée.

 

Travailler du mieux possible est un grand devoir, les efforts faits dans ce sens font partie du djihad, contre soi-même et en faveur de la collectivité.

Le travail est d’ailleurs considéré comme une adoration. Et il n’y a pas de sots métiers, seulement des sottes gens.

En périodes de crise, comme celle que nous connaissons, combien de diplômés font des travaux, appelés "subalternes" par les sots prétentieux.

Mieux vaut faire tout travail que de tendre la main, être parasite ou à la charge des autres dans une humiliation permanente.

Cela peut être une épreuve que Dieu envoie pour un temps seulement qui de plus peut atteindre n’importe qui, à un moment ou l’autre. La roue tourne !

Pour ceux, ou celles qui en ont la possibilité, la politesse à l’égard du Très Haut, dans la matinée, consiste en 2 ou 8 rakat appelées salat doha,* ce que l’on fait vers 10 h.

Enfin, vient l’heure du repas que l’on ne prend jamais sans s’être lavé les mains, ni sans faire le du’a du repas, suivi de "Bismi Llah".

On attendra la cuisinière pour manger, si elle est présente, ou le maître de maison.

Puis, on mangera sans faire de bruit avec sa bouche, la tenant fermée en mastiquant, sans émettre de rots nauséabonds.

Malheureusement on ne sait d’où vient cette habitude d’éructer en disant

"Al hamdullillah".

Ce n’est en rien une sunna bien au contraire, c’est une grossièreté !

Le repas est pris en silence, en respectant la nourriture et la sunna veut que l’on finisse son assiettée.

Il est grossier de dire : "Je n’aime pas ce plat." Tout au plus, si l’on apprécie pas un met, on s’abstiendra d’en manger.

Ne pas oublier le hadith sur la bonne santé :

 "L’estomac doit être rempli d’un tiers d’air, d’un tiers de nourriture, d’un tiers d’eau." 

C’est là le secret de la bonne forme.

Avant de quitter la table, on remerciera Dieu par le petit du’as de fin des repas. 

Enfin, on remerciera la cuisinière par une parole aimable. Elle se sera donnée tant de mal pour faire plaisir !

Enfin on se lavera les mains, et le tour de la bouche pour ôter le gras des lèvres et les dents.

Comme généralement la prière de Dhor suit le repas, on doit savoir que jamais il n’est permis de parler au Très Haut la bouche sale, ou les dents encombrées des restes du festin.

Puis on retourne à ses travaux, heureux de vivre et toujours aimable avec tous.

 

 9-La courtoisie du soir.

 

Après une journée d’efforts vient le soir où l’on rentre chez soi, en saluant gentiment la maisonnée.

Une bonne douche est toujours bienvenue, autant pour se détendre que pour être agréable aux autres, et à soi-même, se parfumer avant d’enfiler les vêtements d’intérieur, frais et bien sûr toujours propres.

Le repas du soir implique la même courtoisie que celle dite précédemment.

Les parents s’enquiert aussi des problèmes scolaires des enfants, de leurs petits soucis, les rassurent, jouent avec eux, échangent des moments de tendresse qui sont des cadeaux de bonheur inestimable

Puis, une fois l’heure venue, les enfants retrouvent leur lit, et laissent ainsi des instants précieux aux parents qui se retrouvent enfin dans leur intimité.

Avant de dormir on vérifiera que les feux et les lumières sont bien éteins, les robinets et les portes fermées.

Il est obligatoire de maintenir l’adab de la nuit.

En faisant ses ablutions avant de dormir.

Si l’on veut obtenir un conseil de la part d’Allah on aura fait la prière de consultation avant de se mettre au lit, en ne parlant ensuite sous aucun prétexte.

On dira un du’a après s’être couché sur le côté droit, les mains sous sa tête, de préférence le corps orienté vers la Sainte Kaaba. :

Dire une fois "Ayat el Kursi, trois fois chacune les sourates suivantes : Ikhlas, Falaq, Ness."

Puis trois fois:

"Astaghfiroullah ladhî lâ ilâha illâ houwa l’ hayya’l qayyouma wa ‘atoubo ilaïhi."

 "J’implore le pardon de Dieu en dehors de qui il n’y a point de Dieu, Le Vivant, L’Absolu et je me repens à Lui."

     

10-La politesse due à la maison.

 

La maison est le reflet du cœur et de l’âme des gens qui y vivent.

Ce doit être un havre de paix et de propreté où il fait bon vivre.

De même qu’on fait sa toilette quotidiennement, la maison doit être aussi quotidiennement nettoyée.

Quoi de plus agréable qu’une demeure bien aérée, sentant bon la propreté et les bonnes odeurs !

Il est affligeant de rentrer, comme cela arrive souvent, dans des maisons où les restes des repas du soir, ou du petit déjeuner sont encore sur la table.

Chaque pièce doit être impeccable, mais surtout salle de bains et toilette qui seront nettoyées chaque jour.

Les serviettes des mains seront changées quotidiennement.

Chaque membre de la famille doit avoir la sienne accrochée à un piton, avec son nom au-dessus.

Elles seront changées, au pire, tous les trois jours, car l’humidité après ce laps de temps leur donne une odeur de chien mouillé qui s’imprègne sur la peau.

On doit récurer lavabo, toilettes, douche et sol tous les jours, surtout si on est nombreux.

Les lits seront faits quotidiennement. Les draps et taies d’oreillers, tout comme le pyjama changés tous les trois jours.

Le linge de corps également nouveau chaque matin. Il est impensable de remettre un sous vêtement plusieurs jours de suite. Et on doit les laver dès qu’on les ôte. Cela ne prend que quelques minutes. Puis on les étend dans un endroit discret, loin des regards, par souci de pudeur.

Dans la tradition, il est même très recommandé de changer de slip avant chaque prière.

C’est dire l’importance de cette courtoisie à l’égard de soi-même.

Le linge du corps à laver trouvera sa place dans une corbeille prévue à cet effet, dans la salle de bains ou mieux dans la buanderie, près de la machine à laver.

Dans les chambres d’enfants, les jouets seront rangés après usage, avant de dormir. Dès que ceux-ci atteignent deux ans et demi, on peut leur enseigner le rangement en mettant avec eux, tout en jouant, leurs jouets dans un coffre utilisé à cet usage.

Ainsi, ils découvriront l’obligation de l’ordre et du soin à apporter à leurs affaires.

Le salon sera toujours impeccable. Les visiteurs arrivés à l’improviste ne doivent pas être obligés de pousser le linge de la maison traînant sur les fauteuils.

Les vaisselles doivent être faites après chaque repas pour éviter moustiques et mauvaises odeurs.

Le réfrigérateur, comme l’indique les organismes sanitaires, sera vidé et nettoyé à fond chaque semaine au minimum.

Bactéries et mauvaises odeurs s’y accumulent rapidement pouvant entraîner de graves problèmes de santé.

Dans la cuisine, les plats seront toujours recouverts d’un torchon propre, ou d’une assiette. Sinon, les djins* se feront un plaisir de cracher dedans jusqu’à vous rendre malades.

Qu’il est agréable de pouvoir regarder un paysage à travers des vitres sans taches.

Les vitres seront chaque semaine nettoyées. Les miroirs plus fréquemment, surtout celles de la salle de bains.

Le poussières ôtées des meubles au moins deux fois par semaine pour éviter les crises d’allergies.

Tapis, carpettes et napperont aspirées ou secouées fréquemment.

A la fin de l’hiver tapis, couvertures et tentures seront lavés, séchés au soleil si possible et mis en armoire en attendant septembre.

De même à la fin de l’été les tentures légères seront nettoyées et rangées jusqu’au prochain printemps.

L’idéal est de repeindre les murs de la maison, surtout cuisine, entrée et salle de bains chaque année au printemps.

Dans la tradition on lave la maison "en grand", chaque jeudi afin de l’avoir propre pour le vendredi, jour sacré.

 

    11-Politesse et adab à l’égard des invités.

 

Recevoir est une fête, à condition que tout soit fait pour bien recevoir.

Le hadith le dit bien : "Traitez bien vos invités, ils emporteront vos péchés en partant."

La discrétion sent toujours la classe, et le clinquant le nouveau riche.

Vous accueillerez vos invités avec un sourire, et une jolie tenue propre, élégante.

La discrétion vestimentaire est une sunna.

Evitez les étoffes trop voyantes, les imitations en peau de panthère qui font trop vulgaire, tout comme tout l’attirail des bijoux en or, comme si on était dans une quincaillerie !

Aussi bien les messieurs que les dames ne doivent pas se donner la main comme l’indique la sunna.

Y a –t-il plus élégant qu’un Monsieur qui salue une dame en se penchant respectueusement en avant, la main sur son cœur ?

Les sourires valent autant que les poignées de mains à des dames qui seraient gênées de les refuser.

Avant tout, la maison doit être parfaitement propre et bien rangée, on ne le dira jamais assez.

Evitez de recouvrir vos piles de vêtements désordonnés par ces couvertures "caches désordre hypocrite".

Plutôt, avant de recevoir, faites un tri dans vos affaires inutiles et faites en dons aux organismes qui récoltent le trop pleins des armoires.

La salle de bains et les toilettes devront être absolument reluisantes.

Des petites serviettes individuelles de toilettes seront disposées dans une corbeille. Un petit mot écrit sur une petite carte expliquera qu’une seconde corbeille sert à y mettre les serviettes utilisées.

Des rouleaux de papier hygiénique seront mis en évidence sur un petit meuble, table ou étagère. De même que coton, serviettes féminines et eau de Cologne.

Une fleur auprès du lavabo montrera l’attention que vous avez à l’égard de vos convives.

N’insistez pas pour faire visiter votre intimité, vous n’êtes pas dans un musée.

Des bougies allumées, un peu partout, aideront à "manger" les mauvaises odeurs.

Une jolie nappe, une table bien décorée, et des bouquets de fleurs, discrètement mis, donneront de la joie aux yeux et sera très agréable à tous.

Après vous être enquit que tout va bien pour eux, pour leur famille, rapidement vous les inviterez à s’asseoir et proposerez des boissons fraîches, qui seront prêtes à prêtes servies.

Les enfants soit seront absents, soit viendront saluer, sans que vous vous sentiez obligés d’en faire des petits singes savants qui vont réciter pendant trop longtemps leurs comptines ou histoires préférées, cette soirée n’est pas la leur, et un petit bonsoir suffira.

Rien n’est plus désagréable que ces enfants qui se mêlent des conversations adultes ou se mettent à opiner dans des conversations hors leur âge.

Evitez de faire des plats aux odeurs trop fortes ou préparez-les la veille afin de laisser le temps d’aérer votre demeure.

Pendant le repas, ne vous mettez pas en avant en ne parlant que de vous. Vous n’êtes pas l’invitée, ni le centre du monde.

Faites plutôt parler vos convives, mais pas jusqu’à l’indiscrétion. Sachez cesser vos questionnements afin de ne pas forcer l’intimité des gens.

S’il y a des personnes âgées, oui, faites leur raconter leurs souvenirs sur des événements historiques. Elles adoreront se rappeler leur jeunesse et vous apprendrez bien des choses intéressantes.

Evitez les sujets qui fâchent.

Placez les gens en tenant compte de leurs affinités.

Sur la table n’oubliez pas de mettre devant chaque convive, une assiette qui accueillera les détritus du repas. Rien n’est plus désagréable que d’être obligés de mettre os et noyaux à même la nappe.

Ne tardez pas à vous installer parmi vos invités pour commencer le repas, et faites en sorte de ne pas vous lever sans cesse ce qui donnerait une impression de désordre en même temps que le tournis à vos amis.

Pensez à servir souvent des boissons, il se peut que vos convives n’osent pas se servir eux-mêmes, surtout s’ils sont bien éduqués.

Invitez-les à se resservir sans insister.

A la fin du repas ayez la délicatesse de passer une aiguière, avec eau tiède et savon.

Si vous n’avez pas ces jolis instruments traditionnels, vous pouvez avec bonheur les remplacer par de petites serviettes blanches que vous aurez trempé dans de l’eau chaude et qui bien essorées seront disposées dans un plat et que vous aspergerez soit de jus de citron ou d’eau de fleurs d’orangers ou à défaut d’eau de Cologne.

Débarrassez la table complètement avant de passer au dessert, ou mieux, servez-les au salon, avant les thés ou cafés.

Sans brusquer vos invités, ne les retenez pas non plus dans des discussions interminables.

Ils peuvent vouloir partir, fatigués eux aussi par une journée de travail.

Un petit cadeau que vous aurez préparé à l’avance et que vous offrirez, surtout aux dames, avant de les voir quitter votre demeure sera des plus raffiné, et d’une attention touchante.

Une petite bouteille d’eau de roses, de jasmins, ou une boîte d’encens, une bougie, chaque don entouré de papiers cadeaux joliment noué.

La politesse à leur égard exige de raccompagner jusqu’à la porte les visiteurs et d’attendre qu’ils soient hors de votre vue pour refermer celle-ci.  

 

A SUIVRE...

 

Tag(s) : #ADAB

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