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MISE EN GARDE CONTRE LA VIE ICI BAS


Je vous mets en garde contre la vie ici - bas, elle est délicieuse et attirante, entourée de plaisirs, agréable par ses biens, reposante, enjolivée d'espoirs, ravissante. Ses plaisirs ne durent pas et personne n'est à l'abri de ses coups durs.

Elle est trompeuse et maléfique; changeante, elle ne fait que passer, elle a une fin et doit disparaître, elle est une ogresse boulimique.

Elle n'est pas loin d'être, lorsqu'elle accorde à ceux qui la désirent, ce que Dieu, Gloire à Lui, a dit: "Telle une eau que nous avons fait descendre du ciel, qui a été au contact des plantes, qui après sont devenues sèches et que le vent disperse. Dieu est puissant sur toute chose."

Nul ne vécut dans le bonheur sans n'avoir ensuite répandu des pleurs. Si la vie lui accorde un moment de plaisir, elle l'accable après de toutes sortes de malheurs. Elle lui donne quelques instants de bien-être qu'elle fait suivre d'une avalanche de catastrophes! Il est dans sa nature d'être un soutien le matin et de devenir un adversaire le soir! Si l'un de ses aspects se montre délicieux et agréable, un autre apporte amertume et maladies.

Nul ne peut obtenir d'elle une faveur désirée qu'il n'en paie le prix par des peines et des angoisses. De même on peut, le soir, dormir dans la sécurité et se réveiller le lendemain dans la peur.

Traîtresse et pleine de perfidie, sujette au néant comme tout mortel qui vit ici-bas, la seule provision bénéfique qu'elle offre est l'obéissance à Dieu. Moins on en profite, plus on est en sûreté; plus on en jouit, plus on court à sa perte et ce qu'on a acquis disparaîtra.

Combien a-t-elle affligé de gens qui lui ont fait confiance, frappé ceux qui y espéraient, avili des nobles! Combien d'hommes fiers a-t-elle rendu méprisables!

Sa puissance est inconstante, son pain amer, son breuvage saumâtre, sa douceur est de la coloquinte, sa nourriture du poison et ses titres sont vains.

Le vivant y est destiné à la mort, l'homme sain à la maladie et le bien à la disparition, le puissant à la défaite, le riche à la misère. Les tribulations sont le lot de tous les mortels.

N'êtes - vous point dans les demeures de ceux qui, avant vous, avaient plus longue vie, ceux qui laissèrent plus de traces, et nourrirent plus d'espoirs, qui furent plus puissants en troupes et en armes? Ils ont aimé la vie au maximum, l'ont préférée à tout puis l'ont quittée sans être pourvus de provisions, sans montures pour le grand voyage.

Vous a t-il été dit que le monde les a rachetés, secourus ou pris leur défense? Au contraire, il les a accablés de soucis, les a fustigés, les a fait trembler de peur, leur a fait ployer le front, les a foulés aux pieds et les a livrés aux affres de la mort. Vous savez comme le monde tourne le dos au moment de la mort à ceux qui s'y attachent, s'en éprennent et lui font confiance.

Leur a-t-il donné autre chose que la faim en guise de provisions pour le grand voyage? Ne leur a-t-il pas fait habiter les lieux de l'oppression, fait apparaître les ténèbres pour de la lumière, en les plongeant dans les regrets?

Est-ce cela que vous voudrez prendre comme exemple! Est-ce cela que vous préférez, en quoi vous mettez votre espoir et où vous voudriez vous maintenir! Misérable séjour pour qui ne le trouve pas suspect et pour qui n'y serait pas sur ses gardes! Sachez-le.

Or vous le savez bien, que vous allez un jour le quitter et vous en séparer; tirez leçon de ceux qui ont dit: "Y-a-t-il plus puissant que nous?"

Ils ont été mis en tombe, enfouis sous terre, ils ne seront pas accueillis en hôtes; le tombeau est leur demeure, l'argile est leur linceul et les squelettes sont leurs voisins. Ces voisins sont sourds à leur appel, incapables de leur porter secours, insensibles aux pleurs.

Les pluies ne les réjouissent point et la sécheresse leur est indifférente. Ils sont ensemble mais chacun est à part, ils sont voisins et loin les uns des autres, ils sont proches et ne communiquent point; ils sont côte à côte sans se rapprocher les uns des autres.

Ils sont devenus cléments et ont perdu toute haine. Ils ignorent désormais la rancune. On ne peut plus les craindre ni en espérer un appui. Ils étaient sur terre et les voilà enterrés. Ils ont connu l'étroitesse après les grands espaces, l'isolement après la vie de famille, les ténèbres après la lumière.

Ils ont quitté le monde tels qu'ils y étaient venus sans habits ni chaussures. Ils s'en sont séparés n'emportant que leurs actions pour la vie éternelle et la demeure sans fin, comme Dieu l'avait révélé: "Nous ferons revenir à nous toute créature dans le premier état où nous l'avons créée. C'est une promesse que nous faisons; c'est ainsi que nous agissons".


Je vous mets en garde contre ce monde; c'est une demeure passagère et instable; elle s'est enjolivée de vanité et par sa parure elle séduit.

Son séjour cependant est de peu de valeur auprès de Dieu. I1 y a introduit aussi bien le licite et l'illicite, le bien comme le mal, la vie comme la mort, le doux comme l'amer.

Dieu ne l'a pas rendu pur même pour ses élus et n'en a pas privé même ses ennemis.

Les avantages de ce monde sont minces, ses maux multiples. Ses acquisitions se dispersent, ses biens ne sont pas sûrs, ses édifices finissent en ruines. Quelle confiance accorder à un monde qui est appelé à la destruction, à une vie qui s'épuise comme des provisions, à un moment qui finit comme une étape.

Exécutez les obligations que Dieu vous a imposées et sollicitez-le dans la mesure où vous aurez accompli ce qu'il vous a demandé.

Faites entendre à vos oreilles la voix de la mort avant qu'elle ne s'abatte sur vous.

Les cœurs de ceux qui ont renoncé à ce monde pleurent alors que leurs visages sourient, ils s'affligent dans leurs joies, répriment leurs sentiments malgré la croissance de leurs moyens.

Vos cœurs ont oublié la notion de la destinée et se sont bercés d'espérances trompeuses. Vous vous attachez à ce monde plus qu'à l'autre et à l'éphémère plus qu'à la vie éternelle.

Néanmoins vous êtes tous frères en la religion de Dieu; seules vos consciences mauvaises et vos désirs cachés vous dissocient. Vous ne vous entraidez, ni ne vous conseillez; vous n'êtes plus généreux entre vous et vous ne vous vous aimez plus.

Qu'avez-vous donc à vous réjouir du peu que vous acquérez dans ce monde et à ne pas vous attrister des biens abondants qui vous sont promis dans l'autre monde et dont vous serez privés!

Vous êtes inquiets quand un bien infime de ce monde vous échappe et cela se voit même sur votre visage et par votre impatience devant la privation comme si ce monde était votre séjour définitif et que ses jouissances étaient éternelles pour vous.

Ce qui vous empêche de reprocher un défaut à un frère c'est la crainte qu'il ne vous reproche un autre. Vous vous êtes accordés pour aimer ce qui passe et rejeter ce qui dure; votre foi ne dépasse pas vos lèvres, vous êtes comme le serviteur qui a achevé sa tâche et satisfait son maître.

Tag(s) : #ALI IBN ABI-TALIB

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