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  Nasrudin 2

 

Les Dégats des Mots

 

La plaisanterie  

 



L'excès de plaisanterie est une chose blâmable, car il fait hériter à la longue des attitudes badines, un esprit léger, de la haine dans certains cas, et il fait disparaître entre les croyants la vénération et le respect. Mais il n'est pas pour autant interdit, ni même déconseiller de plaisanter, car le Prophète - sur Lui la Grâce et la Paix - a dit de lui-même :
« Je plaisante, mais je ne dis que la vérité »
En effet il nous est parvenu plusieurs histoires où le Prophète plaisantait avec les croyants :
Une fois une vieille femme a rendu visite au Prophète qui, au cours de la discussion, lui dit :
« Aucune vieille n'entre au paradis ».Et la vieille se mit à pleurer, mais le Prophète lui ajouta :
« Mais tu ne seras pas vieille ce jour là (quand tu rentreras au paradis), puis il récita ce verset :
« C'est Nous qui les avons créées à la perfection et nous les avons faites vierges. »
[Sourate 56, verset 35 -36 ]


Une autre fois ; pendant une tournée une dame est venue vers le Prophète et lui dit :
« Ô Envoyé de Dieu ! Fais-moi monter sur un chameau » et le Prophète lui dit :
« Mais nous allons te faire monter sur le fils d'un chameau », et la dame lui répondit
« je n'en ai rien à faire du fils d'un chameau, il ne peut pas me porter » et le Prophète rajouta alors :
« Tout chameau est un fils de chameau ».


On rapporte d'après Aïcha :
au cours d'une sortie avec le Prophète il lui a proposé de faire une course. Ils coururent et le Prophète a gagné la course. Il a dit à Aïcha :
« Celle-ci pour celle-là ».

Faisant allusion, disait Aïcha , au jour où elle était enfant, son père l'avait envoyée avec quelque chose dans la main le Prophète lui dit alors donne-moi ce que tu as ; n'ayant pas voulu le lui donner, il courut derrière elle sans pouvoir la rattraper.

D'après Abu salama , le Prophète sortait sa langue pour son petit-fils al Hassan fils de Ali , et celui-ci s'en étonnait.

On rapporte que Noaïman al ansari était un homme qui aimait plaisanter, à chaque fois qu'il rentrait à Médine, il achetait quelque chose qu'il offrait au Prophète , et quand le commerçant vient demander le prix de la marchandise à Noaïma, celui-ci le ramenait chez le Prophète et lui disait:
« Ô Envoyé de Dieu ! Paye-lui le prix de sa marchandise !» le Prophète lui disait : « Ne me l'a tu pas offert ? », et Noaïman lui répondait:
« Ô Envoyé de Dieu ! Je n'avais pas de quoi payer et j'ai aimé tant que vous le mangiez.. », et le Prophète souriait et ordonnait qu'on paye le marchand.

Ainsi ce genre de bonne humeur et de plaisanterie est admise, mais sans excès ni dans la durée ni dans l'intensité.

Selon une autre opinion qui ce base sur un hadith du Prophète, il est très déconseillé de plaisanter, en effet ce hadith dit
«
Ne fait pas acte de mora't (sournoiseries) envers ton frère, et ne plaisante pas avec lui.. ».
Si on objecte aux tenants de cette opinion:
Comment peut-on déconseiller de plaisanter alors qu'il nous est parvenu du Prophète qu'il plaisantait ainsi que ses compagnons ?

Leur réponse est que cela est répréhensible, sauf s'il s'agit de quelqu'un qui est capable, à l'instar du ( comme le ) Prophète et de ses compagnons, en plaisantant de dire la vérité, sans offenser les coeurs des interlocuteurs et sans excès, alors il peut plaisanter.
Mais c'est une grave erreur que de s'adonner tout le temps à la plaisanterie car, on serait alors comme celui qui passe tout son temps à regarder la danse des Africains en prétextant que le Prophète a autorisé Aïcha de les regarder.

Il y a des petits péchés qui deviennent des péchés majeurs à force de les répéter, comme il y a également des choses licites qui deviennent des pêchés mineurs à force de s'y adonner fréquemment.


Tag(s) : #Al-Ghazali

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