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"Le cheikh Al ‘Alawi paix à son âme, a dit dans son commentaire des paroles du cheikh Abou Madyan al Ghawth :

Tout acte qui conduit à la distraction est de même nature que celle-ci, car les excès de nourriture, de sommeil ou de paroles font partie des choses blâmables selon la Révélation, et particulièrement pour celui qui suit la voie spirituelle, dont les bases consistent justement à viser la modération en tout cela afin que l’intérieur s’illumine et s’orne des connaissances divines. En effet, si les caprices intérieurs se succèdent en permanence dans le cœur ou plus généralement tout ce qui le trouble, il s’endurcira inévitablement.

Les bénéfices du jeûne, du silence et de la veille sont des aspects bien connus de la voie spirituelle ; bien des choses ont été écrites à ce sujet et bien des poèmes en ont fait l’éloge. On a notamment dit, pour blâmer la satiété, que Dieu ne regarde pas celui dont le ventre est rempli de nourriture. Le Prophète saws et ses compagnons ne mangeaient que par nécessité, conformément au hadith rapporté par Anas :

« Fatima apporta au Prophète saws un petit morceau de pain. Il lui demanda :
- Qu’as-tu là, Fatima ?
- C’est une tranche de pain, je n’ai pu m’empêcher de te l’apporter.
- C’est la première chose que je mange depuis trois jours, confia le Prophète »

Considère le sens de cette noble tradition : si la satiété était en soi louable, le Prophète n’aurait pas trouvé dans l’abstinence un motif de fierté. On a dit en ce sens :

Un ventre affamé, un maigre ascète, doué d’une absolue confiance en Dieu,
qui trouve dans sa faim une raison de remercier Dieu.


On a également dit :

Si ce bas monde était de la vertu la récompense,
L’injuste ne saurait y trouver de quoi prospérer.
Les nobles prophètes ne feraient pas de la faim l’expérience,
Tandis que les animaux y mangent à satiété.


Le Prophète disait : « Ne tuez pas les coeurs par la nourriture et la boisson, car le cœur ressemble aux cultures, que l’excès d’eau tue »
.

On raconte que l’imam Bukhari finit par prendre l’habitude de ne manger que deux ou trois dattes par jour, car il avait honte devant Dieu de devoir se rendre fréquemment aux toilettes.
Voilà pourquoi leurs cœurs ont été illuminés et devinrent des sources de connaissances et de secrets ; s’ils avaient agi autrement, ils n’auraient pu devenir des guides pour les autres. Le seraient ils devenus s’ils avaient exagéré en matière de nourriture et de sommeil ?

Cela tue le cœur, l’excès de nourriture,
De même que l’excès d’eau tue les cultures.
Un homme subtil risque d’y perdre son intelligence.
Quelques bouchées peuvent neutraliser ses efforts vers l’excellence.


Le Prophète saws a dit : « Satan circule dans le corps de l’homme à travers le sang ; faites lui obstacle grâce à la faim ». On dit également que lorsque Dieu créa le monde, Il plaça la science et la sagesse dans la faim, la possession démoniaque et la transgression dans la satiété. Ibrahim al-Dasuqi disait : « l’aspirant sincère trouve sa force dans la faim et sa boisson dans les larmes ; c’est la condition des véridiques (siddiquna) ».

Moulay l-‘Arabi al-Darqawi disait : « De nos jours, certains disciples mangent la quantité de ce que peut porter un chameau, boivent l’équivalent d’une mare, et disent par-dessus le marché : « il manque quelque chose à ce cheikh », et que Dieu maudisse les menteurs ! ».

Quant à l’excellence de la veille et au côté nuisible du sommeil, cela est nécessairement connu de tous ; c’est encore plus clair dans la voie spirituelle, et la pure tradition l’affirme explicitement. Le Prophète a notamment dit :
« Gabriel est venu et m’a dit :

- Eh Muhammad, vis comme tu veux, tu mourras de toute façon, agis comme bon te semble, tu seras rétribué en conséquence, sache que le croyant acquiert la noblesse par ses veilles et la force par son indépendance vis-à-vis des gens ».


On rapporte également qu’il se levait au dernier tiers de la nuit et qu’il dit un jour :
« Souvenez vous de Dieu ! Souvenez vous de Dieu ! Il a retenti, « le coup de trompette auquel un autre doit succéder » (79,7) ! La mort et tout ce qui l’accompagne sont là ! La mort et tout ce qui l’accompagne sont là ! »

Mais il suffit de rappeler qu’il restait debout en prière tellement longtemps la nuit que ses pieds en étaient tuméfiés.

On rapporte qu’Abou Yazid al Bistami, alors qu’il était encore enfant, apprenait le Coran à l’école.

Arrivé à la sourate 73, « Celui qui s’est enveloppé », il demanda à son père :

« Qui est cette personne à qui Dieu a demandé de se lever la nuit ? »
- C’est notre prophète Muhammad, répondit le père.
- Pourquoi donc ne fais tu pas comme ton prophète ? questionna Abou Yazid.
- Car c’est une dignité que Dieu lui a spécialement accordée, répondit le père.

Lorsque Abou Yazid arriva à la partie suivante du verset : « ainsi qu’une partie de ceux qui sont avec toi », il demanda de nouveau, « De qui s’agit-il mon père ?
- Des compagnons de Muhammad
- Pourquoi donc n’agis tu pas comme les compagnons de Muhammad ?
- Car Dieu leur a spécialement donné la force de se lever la nuit.
- Mon père, il n’y a rien de bon chez quelqu’un qui ne prend pas modèle sur Muhammad et ses compagnons ! conclut Abou Yazid.

Le père se mit donc à prier la nuit. Abou Yazid lui demanda :

- Mon père, apprend moi à prier la nuit !
- Tu es trop petit, refusa le père.
- Lorsque Dieu réunira toutes les créatures au jour de la résurrection, et qu’il ordonnera aux gens destinés au paradis de s’y rendre, je dirai que j’ai voulu faire la prière de la nuit et que mon père s’y est opposé ! insista Abou Yazid.
- Mon fils, lève toi la nuit et prie, se résigna le père.

On raconte qu’après la mort de l’imam Junayd, l’un de ses compagnons le vit en rêve et lui demanda : « Qu’est ce que ton Seigneur a fait de toi ? ». Il répondit :

« Toutes ces allusions spirituelles se sont envolées, toutes ces expressions s’en sont allées, toutes ces sciences ont disparu, et toutes ces descriptions se sont effacées. Seules nous ont été utiles les quelques petites rak’as que nous faisions avant l’aube ».

Si donc même cet imam, avec toute la noblesse et la grandeur qui le caractérisaient, ne négligeait pas de se lever la nuit et affirmait même que seules quelques petites rak’as lui avaient été utiles, comment les autres pourraient ils s’en passer ? O mon Dieu, vivifie nos cœurs et accorde nous les mêmes grâces que celles qu’ont reçues nos nobles prédécesseurs !

Dhu Nun al Misri racontait ceci : « Je rencontrai sur l’une des côtes du proche orient une femme à qui je demandai :
- D’où viens tu ?
- De chez « des gens qui s’arrachent à leur couche »
(32,16)
- Et où veux tu aller, repris-je.
- Chez « des hommes qu’aucun commerce ni aucune vente ne distraient du souvenir de Dieu » (24, 37).
- Décris les moi ! insistai-je
Elle déclama alors ces vers :

Des gens dont l’aspiration est fixée sur Dieu,
Et qui n’aspirent à rien d’autre que Lui-même.
Ces gens ne recherchent que leur Seigneur et Maître, Dieu.
Quel excellent but que l’Unique,le Subsistant par Lui-même. »


Quant à éviter de trop parler, tout le monde connaît bien ce précepte. Il suffit ici de rappeler ce dicton : « la parole est d’argent, mais le silence est d’or », ainsi que cette tradition du Prophète : « Que celui qui croit en Dieu et au jour dernier parle en bien ou se taise ». Les hommes de Dieu- qu’Il leur accorde Son agrément et les fasse bénéficier de Sa pleine satisfaction- ne parlent que pour invoquer Dieu ou tenir des propos les rapprochant de Lui, de peur de friser l’inconvenance, car on dit que celui qui parle beaucoup pèche également beaucoup.

Si le silence t’étonne, sache que ce fut avant toi
Le cas pour des gens meilleurs que toi.
Et s’il t’arrive parfois, ayant gardé le silence, de le regretter,
Il t’arrive bien plus souvent de regretter d’avoir parlé.
Le silence est une protection tandis que parler
N’apporte parfois que problèmes et inimitiés.

« l’homme heureux est celui qui trouve un lieu de retraite en lui-même »…(Ja’far al Sadiq)

Source : Saveurs-soufies



Tag(s) : #SOUFISME

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